La loi Rodwell est une proposition de loi française portée par le député Charles Rodwell, reprenant, selon lui, le flambeau d’un texte précédent surnommé « loi Philippine », en raison de son lien avec l’affaire du meurtre de la jeune étudiante, et qui avait été censuré par le Conseil constitutionnel. Celle-ci vise à allonger la durée de rétention administrative de certains étrangers sous OQTF.
Elle a été examinée à l’Assemblée nationale en avril 2026 et plusieurs articles ont déjà été adoptés en séance le 15 avril.
La proposition vise notamment à permettre une rétention jusqu’à 210 jours pour certains profils considérés comme particulièrement dangereux, en particulier ceux liés au terrorisme ou à des crimes graves. Elle comporte aussi un volet sur le suivi et le contrôle des individus présentant une menace terroriste et des troubles psychiatriques aggravés. L’objectif affiché est de laisser plus de temps à l’administration pour exécuter l’éloignement.
De nombreuses associations et organisations de gauche, pro-migration et LGBT, comme la Ligue des droits de l’Homme ou la Commission nationale consultative des droits de l’homme, ont attaqué le projet de loi non pas sur son objectif de protection des citoyens, mais sur le caractère transphobe qu’elles lui attribuent.
En effet, le texte comprend un volet limitant les changements d’identité pour les criminels qui utilisaient jusqu’à présent le changement de sexe et de nom pour brouiller les recherches administratives. Il prévoit également d’interdire le recours à un changement de prénom à l’étranger lorsque celui-ci n’est pas possible en France.
Ces organisations critiquent ainsi un projet qui menacerait, selon elles, les personnes trans, en imposant des contraintes administratives supplémentaires, alors même que ces mesures ne concernent que les individus ayant été condamnés ou en cours de jugement.
Un autre point contesté concerne les examens psychologiques que les préfets pourraient demander pour des personnes présentant des signes de radicalisation, afin de prévenir les attentats et de faciliter leur prise en charge par les services spécialisés. Là encore, ces mesures sont accusées de discriminer les personnes souffrant de troubles mentaux.
Autant d’arguments avancés pour, une fois de plus, freiner l’adoption de mesures sécuritaires proposées à l’Assemblée, par tous les moyens et au nom de justifications toutes plus farfelues les unes que les autres.
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