Des manifestations devant le commissariat de Southampton après la mort d’Henry Nowak

Le mardi 2 juin 2026, à Southampton, plus d’un millier de personnes se sont rassemblées devant le commissariat de la ville à la suite de la mort d’Henry Nowak, scandant notamment « Justice pour Henry » et « I can’t breathe » (« Je ne peux pas respirer »), en référence à ses derniers mots.

L’affaire concerne Henry Nowak, un étudiant de 18 ans poignardé à Southampton, au Royaume-Uni, dans la nuit du 4 au 5 décembre 2025. Après l’agression, il avait été arrêté par la police après avoir été signalé par son agresseur comme ayant prétendument tenu des propos racistes.

Pendant plusieurs mois, les images de son arrestation ont été conservées par la police jusqu’au jugement prononcé le lundi 1er juin 2026 contre Vickrum Digwa, reconnu coupable du meurtre d’Henry.

Vickrum Digwa était déjà connu des services de police. Il avait notamment été arrêté en 2023 après le vol d’un stock de couteaux d’une valeur d’environ 1 000 livres sterling, avant d’être relâché sans inculpation.

Le soir du meurtre, il portait deux couteaux de cérémonie pendjabis associés à sa foi sikhe. Selon les éléments présentés au procès, Digwa a utilisé une lame de 21 centimètres, qu’il affirmait porter pour des raisons religieuses liées à sa foi sikhe, pour tuer Henry Nowak. Il portait cette arme dans une gaine autour du cou et l’aurait remise à sa mère immédiatement après les faits. Cette dernière a également été inculpée pour complicité, les enquêteurs lui reprochant d’avoir dissimulé l’arme du crime.

À la suite de ce procès, la vidéo de l’arrestation, filmée par la caméra portée par l’un des policiers présents, a été rendue publique. Les images montrent les policiers menottant Henry Nowak alors qu’il est déjà grièvement blessé, après avoir cru aux accusations de son agresseur. La victime apparaît agonisante et incapable de respirer correctement à la suite du coup de couteau reçu.

On y entend Henry Nowak expliquer qu’il a été poignardé et qu’il n’arrive plus à respirer, alors qu’il est déjà gravement blessé au moment où les agents procèdent à son interpellation.

Le Premier ministre Keir Starmer a qualifié ces images d’« atroces » et déclaré avoir eu « la nausée » en les regardant. Une enquête de l’Independent Office for Police Conduct (IOPC), l’organisme chargé du contrôle de la police britannique, est actuellement en cours, et son rapport devrait être publié dans les trois prochains mois.

La ministre de la Justice, Shabana Mahmood, a pour sa part appelé à éviter que cette affaire ne soit utilisée pour opposer les communautés entre elles. Une position qui rappelle les affaires de viols commis par des gangs pakistanais qui avaient été dissimulées pendant des années par les services de police et responsables publics britanniques afin de « ne pas attiser les tensions entre les communautés », avant d’être mises en lumière par différentes enquêtes et investigations.

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