Un village anglais vote pour son départ du Royaume-Uni

Les habitants du village de Piddington, dans l’Oxfordshire, près de la ville de Bicester, ont voté symboliquement, le 15 septembre 2026, pour « quitter » le Royaume-Uni afin de protester contre le projet d’installer jusqu’à 1 256 demandeurs d’asile, principalement des hommes, sur une ancienne base militaire située à environ 800 mètres du village.

Sur 312 suffrages exprimés, 285 ont choisi de devenir indépendants du Royaume-Uni.

Le taux de participation a atteint environ 92 %, pour un village comptant près de 350 habitants. Les organisateurs ont ensuite proposé de surnommer le village la « Principauté de Piddington ».

Le gouvernement britannique a annoncé en juin 2026 son intention de transformer le site MoD Bicester, une ancienne installation du ministère de la Défense, en centre d’hébergement pour demandeurs d’asile. Le site pourrait accueillir jusqu’à 1 256 hommes, dans des logements ouverts : les résidents pourraient donc entrer et sortir librement. Un chiffre représentant plus de trois fois et demie le nombre d’habitants du village.

Plus de 130 habitantes ont notamment écrit aux députés britanniques pour affirmer qu’elles ne se sentiraient plus en sécurité dans le village si le projet était réalisé. Elles craignent notamment pour la sécurité des femmes et des fillettes du village, le centre étant prévu pour accueillir quasi exclusivement des hommes seuls.

Le référendum n’a cependant aucune valeur légale. Le droit britannique ne prévoit pas de mécanisme permettant à un village de devenir indépendant du Royaume-Uni. Il s’agissait donc d’une action politique et médiatique organisée par le conseil paroissial afin d’attirer l’attention du gouvernement.

Le Premier ministre Andy Burnham a déclaré comprendre la « force du sentiment » exprimé par les habitants, mais a tout de même refusé de remettre en cause la politique nationale visant à supprimer progressivement l’hébergement des demandeurs d’asile dans les hôtels.

La ministre de la Culture Lisa Nandy a également indiqué qu’abandonner le projet ne serait pas équitable envers les autres collectivités déjà fortement sollicitées.

Malgré la portée purement symbolique du vote et le sentiment de peur suscité chez certains habitants par l’arrivée potentielle d’un nombre de demandeurs d’asile largement supérieur à la population du village, des associations d’aide aux réfugiés ont critiqué la présentation de ces derniers comme une menace. Le Refugee Council estime notamment que leur installation dans une ancienne base militaire isolée risque « d’aggraver le sentiment d’insécurité des personnes ayant fui la guerre ou les persécutions ». C’est à se demander ce qu’il faudrait faire pour que cette association soit satisfaite.

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