Le canton de Berne, en Suisse, a voté par l’intermédiaire de son parlement cantonal une motion demandant que les groupes Antifa ou, plus largement, les mouvements d’extrême gauche violents soient interdits au niveau fédéral.
Le Grand Conseil bernois, parlement du canton de Berne, a adopté lors de sa session de début juin 2026 une motion déposée par le député Thomas Fuchs (UDC/SVP) intitulée : « Interdiction des groupements d’extrême gauche violents comme Antifa et les black blocs » (M 002 2026). La motion a été approuvée par 82 voix contre 64.
Cette motion charge le gouvernement cantonal (Conseil exécutif) de demander au Conseil fédéral suisse d’examiner et de mettre en œuvre une interdiction du mouvement Antifa et des « black blocs » à l’échelle de la Suisse.
Le texte vise explicitement les « groupements d’extrême gauche violents comme Antifa et les black blocs ». Il fait également référence à une motion déposée au Conseil national demandant de « mettre fin à la terreur de la mouvance d’extrême gauche et d’interdire Antifa ».
En mars 2026, le Conseil fédéral avait recommandé le rejet de cette proposition, estimant qu’Antifa ne constituait pas une organisation structurée mais plutôt un mouvement hétérogène ou un réseau informel, rendant une interdiction juridique difficile à mettre en œuvre.
Le vote du Grand Conseil a suscité plusieurs mobilisations antifascistes à Berne. Le 3 juin 2026, environ 200 personnes ont manifesté spontanément dans la ville contre le projet d’interdiction d’Antifa, scandant notamment : « Nous sommes tous Antifa » (« Wir sind alle Antifa »). D’autres manifestations antifascistes non autorisées ont également eu lieu à la fin du mois de mai et au début du mois de juin, nécessitant un important dispositif policier.