Dans l’affaire du meurtre de Thomas Perotto à Crépol, les juges d’instruction ont retenu, le 20 juillet 2026, la circonstance aggravante de racisme, en visant une attaque contre « la race blanche et la nation française ».
Le procès n’a pas encore eu lieu et l’affaire est encore au stade de la fin de l’instruction et des réquisitions de renvoi devant la cour d’assises des mineurs. En mai 2026, les juges d’instruction ont annoncé la fin de l’enquête, puis le parquet de Valence a requis, en juin, le renvoi de onze mis en cause devant la cour d’assises des mineurs pour homicide volontaire et tentatives d’homicide volontaire, sans retenir ni la bande organisée ni la circonstance aggravante de racisme.
Le parquet de Valence n’avait initialement pas retenu cette circonstance aggravante dans son réquisitoire de juin 2026, mais les juges d’instruction ont décidé l’inverse dans leur ordonnance de mise en accusation.
Cette requalification s’appuie sur des témoignages évoquant des insultes et des motivations racistes des agresseurs pendant l’attaque, notamment la phrase : « On est là pour planter des Blancs. » L’ajout vise l’article 132-76 du Code pénal, qui aggrave les peines lorsque les faits sont commis « à raison de l’appartenance (…) à une prétendue race, une ethnie, une nation ou une religion déterminée ». Dans l’affaire de Crépol, les juges reprennent cette formule et l’appliquent à « la race blanche et la nation française ».
L’utilisation de cette circonstance aggravante demeure encore très rare en France et reste niée par une partie de la magistrature. L’une des seules affaires ayant abouti à la reconnaissance du racisme anti-Blancs est celle d’une agression dans le RER à Paris, en 2010. La victime, de nationalité française et de couleur de peau blanche, avait été insultée de « sale Blanc » et de « sale Français ». En appel, la cour d’appel de Paris avait retenu la circonstance aggravante de racisme et alourdi la peine à quatre ans d’emprisonnement, dont trois ans ferme.