Un refuge LGBT perquisitionné pour soupçons de trafic de traitements hormonaux

Le centre Casa Kuà, un centre communautaire et de santé queer/trans situé à Berlin-Kreuzberg, a été perquisitionné par la police berlinoise le dimanche 18 octobre 2026. L’enquête porte sur des soupçons de distribution illégale de médicaments soumis à prescription et d’administration de traitements hormonaux sans encadrement médical.

La police est intervenue pendant « The Dolls », une rencontre hebdomadaire réservée aux personnes trans féminines.

Casa Kuà affirme que les forces de l’ordre ont fouillé les affaires des personnes présentes, forcé des casiers et retenu les participants sur place pendant plusieurs heures.

Le parquet de Berlin a confirmé qu’une enquête était ouverte depuis le milieu de l’année 2026, initialement contre X, pour soupçon de commerce illégal de médicaments soumis à prescription, de violation de la législation sur les stupéfiants et de violation de la loi antidopage. La police a saisi sur place des préparations hormonales, d’autres médicaments, des stupéfiants, des supports de données ainsi qu’une somme d’argent à quatre chiffres.

Casa Kuà se présente comme un espace autogéré dirigé par des personnes trans et non binaires racisées. Il propose un accompagnement en matière de santé, des conseils, des ateliers et des activités communautaires, avec pour objectif d’améliorer l’accès aux soins des personnes trans, intersexes, non binaires et queer, en particulier celles confrontées au racisme.

Une manifestation spontanée d’environ 140 personnes a eu lieu le soir même, avec des affrontements avec la police. Casa Kuà parle d’une « intrusion violente » et dénonce une opération qu’il perçoit comme une forme de répression visant les personnes trans, queer, migrantes et précaires.

Le 24 octobre, une seconde manifestation, plus importante, a eu lieu à Mariannenplatz, à Kreuzberg. La police a confirmé la présence d’environ 2 500 personnes.

Le parti de gauche Die Linke a vivement critiqué l’opération. Maik Brückner, porte-parole du groupe parlementaire fédéral sur les questions queer, a qualifié l’intervention de « honteuse » et demandé des explications.

Alfonso Pantisano, délégué du Sénat de Berlin aux questions queer, a toutefois précisé que la perquisition n’était pas arbitraire : elle reposait sur des investigations préalables ainsi que sur un mandat de perquisition délivré par la justice.

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