En 2025, un document intitulé From Past Prejudices to Present Policies: Confronting Anti-Muslim Hatred and Promoting Human Rights est publié sur le site d’une association de représentation des musulmans affiliée à la police britannique. Long d’environ 39 pages, il est rapidement dénoncé la même année par un média britannique en raison de passages minimisant les actes terroristes islamistes. Après avoir été retiré, le document est néanmoins publié une seconde fois sur le site de la National Association of Muslim Police (NAMP).
Le texte est rédigé par Khaldoun Kabbani, alors vice-président de la NAMP, une organisation reconnue par les autorités policières britanniques comme instance représentative des policiers musulmans et travaillant sur les questions de discrimination, de diversité et d’inclusion au sein des forces de l’ordre.
Le document se présente comme une réflexion sur la haine anti-musulmane au Royaume-Uni, en établissant des liens entre histoire, politique contemporaine et pratiques policières. On y trouve notamment un passage remettant en question l’usage des termes « terrorisme » et « terrorisme islamiste » pour qualifier les groupes extrémistes religieux musulmans, en particulier les mouvements djihadistes, au motif que ces expressions contribueraient à alimenter les préjugés et les crimes de haine visant les musulmans.
Le document relie cette hostilité à des phénomènes historiques plus anciens, tels que le colonialisme ou certaines formes de racisme anti-asiatique, mais également à des politiques contemporaines comme le programme antiterroriste Prevent, suggérant que certaines actions de l’État britannique ont contribué à la stigmatisation des musulmans.
Plus largement, plusieurs passages abordent Israël, le sionisme et le Hamas. Le texte présente le sionisme comme une manifestation de la haine anti-musulmane et suggère que les actions de l’armée israélienne devraient être reconnues comme relevant du terrorisme.
À la suite des premières révélations du média The Spectator en 2025, le document a d’abord été retiré du site de la NAMP. Il a cependant été republié entre 2025 et 2026, avant d’être à nouveau dénoncé par The Spectator puis relayé par plusieurs médias internationaux, dont The Daily Telegraph, Fox News et The Jerusalem Post au début du mois de juin 2026, contribuant à médiatiser l’affaire auprès du grand public.
Plusieurs réactions ont suivi le début de la polémique. La NAMP a notamment publié un communiqué affirmant qu’elle ne soutenait ni le Hamas ni aucune organisation proscrite, et qu’elle condamnait toutes les formes de terrorisme et d’extrémisme. La police britannique a, pour sa part, précisé que ce document ne reflétait pas la position de l’institution et qu’il contenait des éléments jugés antisémites ainsi que des passages minimisant l’extrémisme. Ces critiques ont finalement conduit à la suppression du document.
Ces événements montrent, une fois de plus, l’instrumentalisation d’organes liés à la police par des militants radicaux qui, sous couvert d’objectifs de diversité et d’inclusion, cherchent à étendre leur influence sur les décisions et les politiques des institutions britanniques.