Le rapport sur les gangs d’agresseurs pakistanais estime à au moins 250 000 le nombre de victimes

Le rapport intitulé « Rape Gang Inquiry » a été rendu public cette semaine par le député indépendant Rupert Lowe, financé par des dons en ligne.

Long de plus de 200 pages, le document se présente comme une « enquête indépendante » sur les grooming gangs qui ont sévi au Royaume-Uni au cours des dernières décennies. Selon ses auteurs, de nombreuses affaires d’agressions sexuelles sur mineurs auraient été dissimulées ou insuffisamment poursuivies par certaines autorités locales et nationales afin de préserver la paix sociale entre les communautés.

Le rapport avance pour la première fois une estimation d’au moins 250 000 victimes de violences sexuelles en réseau depuis les années 1950, présentées comme étant majoritairement de jeunes Britanniques blanches vulnérables. Il affirme également que les auteurs étaient, dans une large proportion des cas étudiés, des hommes musulmans d’origine pakistanaise.

Le document soutient par ailleurs que des réseaux coordonnés ont opéré ou opèrent encore dans au moins 149 districts de collectivités locales, soit près de 40 % du territoire britannique. Selon le rapport, ces réseaux suivraient des schémas récurrents mêlant usage de stupéfiants, viols collectifs, trafic sexuel, chantage, violences physiques graves et, dans certains cas, grossesses forcées.

Parmi les recommandations formulées figurent notamment l’enregistrement systématique des données ethniques et religieuses dans les statistiques relatives à l’exploitation sexuelle en groupe, un durcissement des peines encourues, une priorité donnée à l’expulsion des auteurs étrangers ou binationaux condamnés, la création de nouvelles infractions spécifiques à l’exploitation sexuelle en réseau ainsi qu’un renforcement de la législation encadrant les mariages religieux, notamment ceux impliquant des mineures.

Les récentes révélations ont contribué à relancer plusieurs enquêtes officielles. La National Crime Agency a annoncé que, dans le cadre de l’opération Beaconport, elle avait examiné quinze années de dossiers provenant de l’ensemble des forces de police d’Angleterre et du Pays de Galles afin d’identifier des affaires d’exploitation sexuelle collective d’enfants (Child Sexual Exploitation and Abuse) classées sans suite alors que certaines pistes d’enquête auraient pu être négligées.

Une question demeure toutefois centrale : celle des responsabilités politiques et administratives dans la gestion de ces affaires. Ces crimes ont été facilités par la mise sous silence des dossiers par des responsables publics dont plusieurs occupent encore aujourd’hui des fonctions importantes. Keir Starmer, actuel Premier ministre du pays, fut notamment directeur des poursuites publiques en Angleterre et au Pays de Galles entre 2008 et 2013. Les autorités ayant privilégié la préservation de la cohésion communautaire au détriment de la protection des victimes, la possibilité d’une persistance de cette omerta demeure tant que ces responsables resteront influents au sein des institutions britanniques.

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