Elif Eralp, candidate de Die Linke à la mairie de Berlin, a déclaré craindre pour sa sécurité et celle de sa famille face à des militants propalestiniens radicaux proches de son parti, après la publication accidentelle par Der Spiegel de notes internes.
Le 29 octobre 2026, Der Spiegel a révélé des annotations internes envoyées par erreur par l’équipe d’Eralp lors de la procédure de validation de ses citations pour une interview.
Dans ces notes, la candidate explique qu’elle ne souhaite pas nommer publiquement certaines personnes en raison des risques qu’elle estime encourir. Elle écrit notamment : « Je ne peux pas me mettre, moi et ma famille, en danger pour le Spiegel » et évoque des personnes ayant des contacts avec le Hamas. Selon son équipe, les services de sécurité lui avaient auparavant conseillé d’éviter de citer publiquement des individus précis lorsqu’il était question de structures criminelles ou potentiellement terroristes.
Ces inquiétudes concernent notamment le militant propalestinien berlinois Ibrahim Ibrahim. Celui-ci est connu comme une figure importante du Comité national palestinien uni (VPNK, Vereinigtes Palästinensisches Nationalkomitee). Selon le renseignement intérieur berlinois, cette structure sert de cadre à des militants issus notamment de la FPLP et du Hamas. Ibrahim est lui-même considéré comme un soutien de longue date de la FPLP, organisation inscrite sur la liste européenne des organisations terroristes.
Quelques jours après les élections berlinoises, Ibrahim Ibrahim s’est également rendu à Istanbul pour participer à une conférence réunissant des responsables issus de l’environnement du Hamas. Il est par ailleurs régulièrement présent dans les milieux militants propalestiniens radicaux de Berlin.
Il lui est également reproché d’avoir présenté Yahya Sinwar, ancien dirigeant du Hamas et l’un des principaux organisateurs de l’attaque du 7 octobre 2023, comme un « héros martyr », élément qui avait précisément été évoqué dans la question que Der Spiegel souhaitait poser à Elif Eralp.
Ibrahim Ibrahim était présent à la soirée électorale de Die Linke à Neukölln le 20 septembre 2026, où il a été photographié aux côtés de responsables et d’élus du parti après la victoire de Die Linke aux élections berlinoises, avec 25,7 % des voix, faisant du parti la première force politique de la capitale. Elif Eralp cherche désormais à constituer une coalition avec le SPD et les Verts afin de devenir maire-gouverneure de Berlin.
Ses adversaires politiques, notamment au sein de la CDU, estiment qu’une candidate qui reconnaît craindre certains militants liés à des réseaux proches de son propre environnement politique pourrait rencontrer des difficultés à garantir son indépendance et à assurer la sécurité de Berlin face à ces groupes. Des responsables du SPD ont également demandé des explications.
Eralp a réagi publiquement en affirmant qu’elle « ne se laisserait intimider par personne » et qu’elle lutterait avec détermination contre « le crime organisé, la violence et le terrorisme ». Son porte-parole rappelle par ailleurs qu’elle fait elle-même l’objet, depuis plusieurs mois, d’insultes, de menaces et d’hostilités régulières.
Cette affaire intervient dans un contexte plus large d’inquiétudes concernant les tentatives d’influence de réseaux islamistes sur la vie politique allemande. Le président de l’Office fédéral de protection de la Constitution, Sinan Selen, avait ainsi alerté en juin 2026 sur les stratégies d’influence politique de certaines organisations islamistes, en particulier des Frères musulmans. Les partis de gauche sont cités comme étant les plus à risque face à ce type de stratégie d’influence.