La mort d’Henry Nowak, un étudiant de 18 ans poignardé à Southampton par un Britannique d’origine indienne portant sur lui des couteaux religieux sikhs dans la nuit du 3 décembre 2025, soulève des interrogations sur le rôle de la législation et de la police dans les circonstances ayant conduit à la mort du jeune homme.
Après l’agression, il avait été arrêté par la police après avoir été signalé par son agresseur comme ayant prétendument tenu des propos racistes. Malgré ses cris de détresse indiquant qu’il ne pouvait plus respirer, il a tout de même été menotté par les agents qui, selon ses proches et ses soutiens, l’ont laissé mourir sur place sans lui apporter la moindre assistance.
Plusieurs aspects de cette affaire peuvent être remis en question. D’une part, l’autorisation accordée aux sikhs de porter des couteaux de « cérémonie » dans l’espace public, lesquels ont ici été utilisés comme arme du crime. D’autre part, les politiques de diversité et d’inclusion au sein de la police britannique qui, tant à travers les formations dispensées que les consignes données aux agents, auraient contribué à créer les conditions ayant conduit à la mort d’Henry.
Relativement à l’arme utilisée, les couteaux de cérémonie sikhs, ainsi que certains objets similaires associés à d’autres traditions religieuses originaires du Pakistan, de l’Inde ou du Bangladesh, bénéficient d’exemptions leur permettant d’être portés dans l’espace public par les fidèles de ces religions, contrairement à de nombreuses autres armes blanches dont le port est interdit.
C’est l’un de ces couteaux de cérémonie qui aurait été utilisé par l’agresseur, Vickrum Digwa, lequel aurait ensuite tenté de le dissimuler avec l’aide de sa mère et de membres de sa famille présents sur les lieux. Sa mère a d’ailleurs également été condamnée à une peine de prison pour sa participation à la dissimulation de l’arme.
Selon les éléments présentés au procès, ce couteau aurait occupé une place centrale dans l’origine même de l’altercation entre les deux individus avant d’être utilisé pour poignarder Henry avec l’une des deux lames que Digwa portait sur lui.
S’agissant des politiques de diversité et de lutte contre les discriminations au sein de la police, elles peuvent également être mises en cause. À titre d’exemple, le Revised National Police Race Action Plan (PRAP), publié en 2022, vise selon ses promoteurs à construire une police « antiraciste » et à réduire les disparités raciales dans le traitement des personnes noires, aussi bien parmi le public que parmi les effectifs policiers. Ce plan s’appuie notamment sur des objectifs destinés, selon ses détracteurs, à instaurer une forme de parité artificielle dans les arrestations et les décisions de justice afin de réduire les écarts statistiques observés entre les différents groupes de population.
Dans le cas précis de la mort d’Henry, ces orientations auraient pu contribuer à pousser les agents à accorder davantage de crédit aux accusations de racisme formulées par Vickrum Digwa, accusations qui se sont révélées fausses lors du procès. Celui-ci avait affirmé aux policiers avoir été victime d’une agression raciste de la part d’Henry et avoir agi en état de légitime défense lorsqu’il l’avait poignardé à plusieurs reprises.
Malgré cela, les politiques actuellement en place ne semblent pas près de changer lorsque l’on observe les déclarations du Premier ministre Keir Starmer et de la ministre de la Justice, Shabana Mahmood. Tous deux ont principalement insisté sur le risque que ce crime soit récupéré politiquement par la droite et contribue à diviser davantage les communautés, plutôt que sur les questions soulevées par cette affaire concernant l’action des forces de l’ordre ou certaines politiques publiques.