Une manifestation sauvage de militants LGBT a investi le grand magasin La Samaritaine, à Paris, le samedi 27 juin 2026, en réaction notamment à l’annulation officielle de la Marche des Fiertés prévue ce week-end-là.
Quelques jours auparavant, la préfecture de police de Paris avait annoncé l’annulation de la Marche des Fiertés LGBT, prévue le 27 juin 2026, pour des raisons de sécurité et d’ordre public. Cette décision a été perçue par la frange la plus extrême du mouvement comme une forme de censure ou de dépolitisation des luttes LGBT, suscitant des appels à des actions spontanées, voire plus radicales.
Le 27 juin, dans l’après-midi, plusieurs collectifs militants pro-LGBT ont ainsi mené une action coup de poing à La Samaritaine, décrite comme une « mobilisation sauvage » ou une Pride non déclarée, au sein du grand magasin appartenant au groupe LVMH de Bernard Arnault. Plusieurs centaines de militants ont pénétré dans l’établissement, munis de drapeaux arc-en-ciel et de banderoles, scandant divers slogans et transformant le magasin en une manifestation improvisée.
Pourtant, LVMH affiche depuis plusieurs années un engagement marqué en faveur des causes LGBT, multipliant les décisions teintées de militantisme, à travers l’organisation de nombreux événements internes, la présence de groupes militants influençant les politiques de l’entreprise, le lancement de gammes de produits spécifiques, des collaborations avec le magazine Têtu, ou encore son soutien à plusieurs propositions de loi favorables aux droits LGBT aux États-Unis.
L’action visait à attaquer le capitalisme incarné par LVMH, la marchandisation de la Pride ainsi que la proximité entre les grandes marques et les marches des fiertés traditionnelles, jugées par les militants les plus radicaux comme étant devenues trop commerciales et ayant perdu leur dimension revendicative et politique. L’un des slogans mis en avant par Libération, « Tous les homos détestent Bernard Arnault », résume cette critique d’une Pride récupérée par les grands groupes plutôt que portée par les luttes de terrain, au nom de la dénonciation du pinkwashing.
Ces événements constituent une preuve supplémentaire que, malgré les moyens considérables mobilisés par l’entreprise pour répondre aux attentes des militants les plus radicaux, rien ne semble suffire à les satisfaire dans leur dérive toujours plus extrémiste.