Les partis de gauche suédois ont récemment lancé leur campagne en vue des élections générales de septembre, destinées à élire les 349 députés du Riksdag, le Parlement suédois. Parallèlement se tiennent les élections régionales et municipales. Plusieurs de ces partis ont, par différents moyens, proposé des affiches, des brochures ou des versions de leurs sites en arabe afin de toucher l’importante population immigrée présente dans le pays.
Le principal parti de gauche, le Parti social-démocrate, a notamment réalisé des affiches sur lesquelles la chef du parti, Magdalena Andersson, apparaît dans des publicités en arabe promettant d’« améliorer la situation financière des familles », avec davantage d’investissements dans la santé, l’école et le soutien aux ménages.
D’autres formations, plus minoritaires, ont adopté une stratégie similaire. Le Parti de gauche (Vänsterpartiet) a ainsi produit ses propres supports en arabe, avec notamment le slogan « La Suède pour tous, pas seulement pour quelques-uns », et mis en ligne une page de campagne multilingue proposant des contenus en arabe, anglais, farsi, kurmanji, somali et sorani, ainsi que des brochures téléchargeables. Une stratégie qui témoigne de l’importance accordée par ces organisations à la conquête du vote des populations issues de l’immigration.
En 2024, environ 2,2 millions de résidents suédois étaient nés à l’étranger, sur une population totale d’environ 10,5 millions d’habitants, soit un peu plus de 20 % de la population.
Parmi les principaux pays d’origine figurent notamment la Syrie, l’Afghanistan et la Turquie. Dans ce contexte, les partis de gauche font le choix d’une stratégie de clientélisme électoral pro-immigration, dans l’objectif de reconquérir la majorité perdue lors des dernières élections. Celles-ci avaient conduit à l’arrivée au pouvoir d’une majorité qui a durci la politique migratoire du pays, réduisant ainsi le nombre de nouveaux demandeurs d’asile à des niveaux historiquement bas.
Parallèlement, la Suède est confrontée à une importante criminalité liée aux gangs et au trafic de drogue. La police suédoise estime à environ 17 500 le nombre de membres actifs de réseaux criminels et à 50 000 celui des personnes considérées comme liées à ces réseaux. Selon les rapports et analyses officiels du gouvernement, 76 % des membres des principaux gangs de rue seraient des immigrés ou des enfants d’immigrés.
Il est également intéressant de noter que le Parti de gauche a été éclaboussé par plusieurs polémiques concernant certains de ses candidats, dont Tamam Hashan, Nidal Hejjo et Serin Tamim, écartés après des prises de position ou des hommages controversés liés au Hamas. Certaines interviews avaient d’ailleurs été réalisées en arabe, les candidats concernés maîtrisant insuffisamment le suédois.