Un livre sur le racisme subi par les migrants, encensé par la critique avant d’être accusé d’avoir été écrit intégralement à l’aide de l’IA

Le livre « C’était ça ou mourir », premier roman de Thélyson Orélien, un écrivain québécois d’origine haïtienne arrivé au Canada en 2010 après avoir fui Haïti, a été publié en mars 2026.

Il est rapidement devenu l’un des grands succès de la rentrée littéraire 2026, encensé par la critique et la presse, avant de se retrouver au cœur d’une double controverse : l’utilisation présumée massive de l’intelligence artificielle et des accusations de plagiat.

L’auteur, Thélyson Orélien, 38 ans, est un réfugié haïtien installé à Montréal depuis 2010. Son roman, « C’était ça ou mourir », raconte le périple d’un migrant, Jonas Dorléon, et s’inspire de son expérience pour narrer le parcours des migrants. Le personnage est notamment confronté, au cours de son voyage, à des violences policières et administratives, notamment face à l’ICE (Immigration and Customs Enforcement) aux États-Unis, ainsi qu’à la discrimination et à la xénophobie de certaines populations locales.

Le livre a été largement salué par la critique, remportant notamment le prix du roman Fnac 2026 et figurant dans les premières sélections du Goncourt, du Renaudot et du Femina.

Il a également bénéficié de nombreux articles élogieux et de présentations sur les plateaux de télévision, avec des commentaires tous plus dithyrambiques les uns que les autres. Une importante exposition médiatique pour un livre cochant toutes les cases de la bien-pensance d’une partie des journalistes du service public, en narrant le récit d’un réfugié noir fuyant un pays en proie à la criminalité, à l’instabilité et à la pauvreté, et victime de racisme.

La polémique éclate fin septembre 2026, notamment sous l’impulsion du compte X « Balance ton Claude », qui affirme que le livre aurait été « presque intégralement » écrit par une intelligence artificielle, en s’appuyant sur l’outil de détection Pangram.

Selon ces analyses, plus de 95 % du texte présenterait un « niveau de confiance élevé » quant à une origine liée à l’IA. À ces accusations s’ajoutent de nombreuses critiques concernant la qualité d’écriture du livre, jugée particulièrement faible.

En réaction, l’Académie Goncourt exclut le roman de sa sélection le 25 septembre, estimant qu’il est « selon toute vraisemblance très largement le produit d’une intelligence artificielle ».

L’éditeur français Grasset et l’éditeur québécois Le Boréal soutiennent l’auteur, tout en reconnaissant ne pouvoir, à ce stade, « infirmer ou confirmer » les allégations. Thélyson Orélien nie catégoriquement avoir utilisé l’IA et dénonce une tentative de le « faire taire ». Il annonce préparer, avec ses éditeurs, un dossier destiné à démontrer le caractère personnel de son travail d’écriture.

Cependant, malgré ses dénégations concernant l’utilisation de l’intelligence artificielle, une seconde polémique est venue s’ajouter à la première. Des enquêtes menées au Québec affirment que Thélyson Orélien aurait commis, au début des années 2010, plusieurs plagiats particulièrement flagrants dans des poèmes et des articles publiés alors qu’il était étudiant ou jeune auteur. Certains de ces articles et textes avaient eux aussi reçu des critiques élogieuses.

La promotion du livre a malgré tout été suspendue au Canada. Thélyson Orélien a également annoncé interrompre sa tournée en France et rentrer à Montréal fin septembre.

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