Bianca Barreto, une influenceuse brésilienne, a été condamnée en juillet 2026 par la justice de l’État de Bahia, dans le nord-est du Brésil, pour des propos jugés transphobes à l’encontre de la députée fédérale Duda Salabert, première personne ouvertement trans élue à la Chambre des députés du Brésil.
Bianca Barreto est une influenceuse et créatrice de contenu brésilienne, active sur les réseaux sociaux et connue pour ses positions conservatrices et chrétiennes, ainsi que pour ses prises de position contre les politiques liées au genre et aux questions LGBT.
L’affaire porte sur une vidéo publiée en août 2024 sur ses réseaux sociaux. Dans cette vidéo, elle commentait un autre procès, celui du député Nikolas Ferreira, et évoquait Duda Salabert (PSOL-MG) en utilisant systématiquement des pronoms masculins. Elle affirmait notamment : « Un homme est un homme, une femme est une femme », qualifiait Duda Salabert de « type qui dit qu’il est une femme trans » et soulignait que la députée était « mariée à une femme et a un enfant » pour justifier l’emploi du masculin.
Pour la juge, cet usage était délibéré, répété et péjoratif et visait à ridiculiser et à désavouer l’identité de genre de la parlementaire, plutôt qu’à exprimer une simple opinion.
La condamnation repose sur la la loi brésilienne de 1989 réprimant le racisme, dont la Cour suprême fédérale du Brésil a étendu l’application à l’homophobie et à la transphobie en l’absence de législation spécifique.
La juge a qualifié les faits de transphobie, au motif qu’ils reposaient notamment sur « l’usage intentionnel et péjoratif du genre opposé à l’identité autodéclarée ».
La sentence a été rendue le 29 juillet 2026, condamnant la jeune femme à deux ans de réclusion, avec aménagement de la peine, ainsi qu’au versement de 20 000 reais, soit environ 3 300 euros, au titre des dommages moraux.
Il s’agit toutefois d’un jugement de première instance, et la défense de Bianca Barreto a déjà annoncé son intention de faire appel de la décision.
Cette affaire rappelle celle d’une autre influenceuse féministe brésilienne, Isabella Cêpa, qui a dû quitter le Brésil et a obtenu une protection en Europe après avoir fait l’objet de poursuites liées à des propos concernant une personnalité politique trans de l’État de São Paulo, laissant ainsi peu d’espoir quant à l’issue de cet appel.