L’université de la ville de Münster, en Allemagne, a lancé un projet visant à transformer son Centre de théologie islamique en une faculté de théologie islamique à part entière, une première dans une université publique européenne.
Ce nouveau statut permettra à la faculté de délivrer elle-même des doctorats et des habilitations, de recruter plus facilement et de construire ses propres cursus. Le centre compte déjà huit professeurs et plus de 50 employés, et ses responsables disent viser plus de 500 étudiants dans les prochaines années.
Le modèle de Münster prévoit un conseil consultatif comprenant des organisations musulmanes, dont Ditib et le Conseil central des musulmans, pour certaines questions, comme la nomination des professeurs.
Ditib est la principale fédération islamique turque en Allemagne, historiquement proche des autorités religieuses turques. Le Conseil central des musulmans d’Allemagne regroupe, quant à lui, plusieurs associations, dont certaines ont été décrites comme conservatrices et ont entretenu des liens avec Milli Görüş, une autre organisation connue pour son orientation conservatrice et nationaliste turque et appartenant à la sphère d’influence musulmane turque en Allemagne.
Ces liens mettent clairement en doute la neutralité d’un tel projet, influencé par des associations pro-turques, et laissent facilement craindre de possibles ingérences étatiques au sein des enseignements.
Financièrement, ce projet implique de fait un renforcement du financement public universitaire, qui se trouve être le seul porteur de ce projet. Soutenu et financé par les ministères de l’Éducation et de la Recherche du Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, dans une logique de soutien institutionnel à l’université publique, il utilise donc largement l’argent du contribuable pour financer des formations religieuses dont on peut remettre en question la neutralité idéologique, au vu des courants d’influence gravitant autour du projet.