Le ministère danois de l’Immigration et de l’Intégration a lancé, en 2020, une étude sur la possibilité d’interdire les appels à la prière dans l’espace public, notamment lorsqu’ils sont diffusés par haut-parleurs depuis les minarets.
Le gouvernement de l’époque avait répondu officiellement qu’une interdiction visant uniquement les appels à la prière musulmans serait contraire à la Constitution danoise ainsi qu’à la Convention européenne des droits de l’homme. Au Parlement, une majorité composée des Sociaux-démocrates, de Radikale Venstre, du SF, d’Enhedslisten ainsi que du député indépendant Sikandar Siddique avait recommandé le rejet du texte.
Celui-ci avait finalement été rejeté en deuxième lecture, écartant, dans un premier temps, l’idée d’une interdiction explicite visant uniquement les appels à la prière musulmans, au motif qu’elle serait discriminatoire au regard du droit.
Toutefois, le ministre de l’Immigration, Rasmus Stoklund (Sociaux-démocrates), a décidé, en octobre 2025, de relancer cette étude afin d’examiner si une telle interdiction pouvait être juridiquement envisageable.
En juin 2026, son successeur, Morten Bødskov (Sociaux-démocrates), a confirmé sa volonté de poursuivre cet examen en vue d’une interdiction des appels à la prière islamiques sur l’ensemble du territoire. Il a déclaré que le bønnekald (« appel à la prière ») n’avait « pas sa place au Danemark » et a estimé qu’il participait à une « islamisation » occupant une place excessive dans l’espace public.
Dans les faits, plusieurs communes danoises, notamment Copenhague, limitent déjà, voire interdisent, les appels à la prière diffusés à l’extérieur par haut-parleurs en s’appuyant sur les réglementations locales relatives aux nuisances sonores et à l’usage de dispositifs de sonorisation.
Par ailleurs, plusieurs grandes mosquées ont aussi conclu des accords avec les autorités locales pour renoncer à diffuser l’appel à la prière à l’extérieur, ou le limiter à un usage exclusivement intérieur, sans diffusion dans l’espace public.