Le 21 janvier 2026, le Parlement européen a adopté sa résolution annuelle sur les droits de l’homme et la démocratie, intégrant pour la première fois une reconnaissance explicite et formelle de la christianophobie et de la persécution des chrétiens.
La résolution met en lumière l’asymétrie institutionnelle qui existe pour le moment, tandis que des coordinateurs européens existent pour combattre l’antisémitisme et l’islamophobie depuis 2015, aucune fonction équivalente n’a été créée pour lutter contre la christianophobie, malgré le constat du Parlement selon lequel le christianisme demeure « la religion la plus persécutée au monde », avec plus de 380 millions de victimes.
Cette résolution s’inscrit dans le rapport annuel 2025 du Parlement européen sur les droits de l’homme et la démocratie dans le monde. Le texte général réaffirme que l’Union européenne fonde son action extérieure sur le respect de la dignité humaine, de la liberté, de la démocratie, de l’égalité, de l’État de droit et des droits de l’homme, conformément aux traités européens et aux conventions internationales. Il insiste sur le caractère universel et indivisible de ces droits.
Le considérant N de la résolution énonce explicitement : « N. considérant que les communautés chrétiennes du Moyen-Orient, qui comptent parmi les plus anciennes au monde, continuent de faire l’objet de persécutions graves, de discriminations, de déplacements forcés et de restrictions de leur liberté de religion ou de conviction. »
Cette mention est significative, car elle nomme sans ambiguïté la situation des chrétiens d’Orient et l’intègre dans l’analyse globale des violations des droits de l’homme, avec une reconnaissance explicite des quatre formes de préjudices : persécutions, discriminations, déplacements forcés et restrictions des libertés.
Un ajout a été réalisé à l’article 83, relatif aux discriminations, afin d’y inclure explicitement la mention de la persécution des chrétiens. La résolution condamne ainsi « une nouvelle fois toutes les formes de racisme, d’intolérance, d’antisémitisme, d’islamophobie, de persécution des chrétiens, de xénophobie et de discrimination fondées sur la race, l’origine ethnique, la nationalité, la classe sociale, le handicap, la caste, la religion, les convictions, l’âge, l’orientation sexuelle ou l’identité de genre ».
L’importance de cet article réside dans le fait que, pour la première fois, la christianophobie est citée parmi les autres formes de haine religieuse, au même titre que l’antisémitisme ou l’islamophobie, reconnues au niveau européen depuis de nombreuses années.
L’article 83 appelle également à « l’adoption ou le renforcement de mécanismes de signalement des comportements discriminatoires ainsi qu’à l’accès à des voies de recours effectives, afin de contribuer à mettre un terme à l’impunité de ceux qui se livrent à de tels actes ».
Un autre article souligne que le christianisme demeure aujourd’hui la religion la plus persécutée au monde, avec plus de 380 millions de personnes concernées. Pourtant, la fonction de coordinateur européen chargé de la lutte contre la christianophobie n’existe toujours pas, alors qu’un coordinateur a été désigné pour lutter contre l’islamophobie.
Selon l’Observatoire de l’Intolérance et de la Discrimination contre les Chrétiens en Europe (OIDAC), qui opère dans 35 pays européens, les données récentes sont alarmantes. Les statistiques de 2024 témoignent d’une escalade continue de l’intolérance antichrétienne.
L’Allemagne est particulièrement touchée, avec 337 incidents enregistrés par la police, soit une augmentation de 22 % entre 2023 et 2024, après une hausse antérieure de 105 %. La France est le deuxième pays européen le plus affecté et a connu une augmentation documentée des faits, conduisant 86 sénateurs français à lancer, en septembre 2025, un appel en faveur d’une protection des chrétiens équivalente à celle accordée aux autres croyants. Elle est suivie par l’Espagne, où 91 incidents ont été recensés par la société civile.
Enfin, l’European Centre for Law and Justice (ECLJ), organisation internationale de défense des droits de l’homme spécialisée dans la liberté de conscience et de religion, a publié en décembre 2025 un rapport majeur intitulé Christianophobia and Anti-Christian Hatred in Europe. L’organisation a également lancé une pétition officielle appelant à la reconnaissance de la haine antichrétienne et à la protection des lieux de culte, soumise au Parlement européen et à l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe.
Si cette première étape de la reconnaissance des actes de christianophobie était plus que nécessaire, il appartient désormais aux institutions européennes de créer de véritables lois de protection ainsi que des outils concrets pour assurer la sécurité et la défense des populations chrétiennes en Europe.