Le 30 août 2026, Christian Stocker a déclaré, dans un entretien, vouloir faire adopter une loi constitutionnelle contre l’islam politique, qu’il qualifie d’incompatible avec la démocratie et les valeurs occidentales.
Cette proposition a été prise en charge par la ministre de l’Intégration et de l’Europe, Claudia Bauer (ÖVP), chargée de préparer un texte et d’en transmettre une première ébauche aux partenaires de la coalition gouvernementale, composée de l’ÖVP, des sociaux-démocrates et de NEOS, parti libéral. Bauer a confirmé sur les réseaux sociaux qu’un texte était en préparation et serait bientôt présenté.
Cette proposition vise l’islam politique, défini comme une idéologie suprémaciste cherchant à transformer la société, la culture, l’État et les politiques publiques selon des normes islamiques et contraires à l’État de droit, à la démocratie et aux droits humains, en se fondant sur une interprétation politique des textes du Coran.
La proposition conduirait à l’interdiction des activités de soutien à l’islam politique et à ses objectifs, à la possibilité de dissoudre des mosquées et les organisations appartenant à l’islam politique, à la confiscation de leurs biens ainsi qu’à de nouvelles peines pouvant aller jusqu’à la déchéance de nationalité pour certains membres ou soutiens. Pour être validée, la loi devra obtenir une majorité des deux tiers au Parlement.
Cette initiative n’est pas la première et fait suite à une proposition du Parti de la liberté (FPÖ) présentée en mars 2026, qui prévoyait déjà l’interdiction de toute activité en faveur de l’islam politique ainsi que la dissolution des mosquées et organisations concernées, mais qui avait été rejetée. Le FPÖ a d’ailleurs critiqué l’annonce de Stocker en rappelant que l’ÖVP avait rejeté des motions similaires par le passé, dont une en février 2025, après un attentat au couteau à Villach.
L’Autriche a récemment durci plusieurs règles concernant les symboles religieux islamiques à l’école, face à l’augmentation du nombre de pratiquants et au risque d’instrumentalisation par des mouvements radicaux. Une interdiction du foulard islamique à l’école pour les filles de moins de 14 ans a notamment été adoptée en décembre 2025 et doit entrer en vigueur à cette rentrée scolaire.
Plusieurs communautés musulmanes ont déjà annoncé leur intention de contester ou de braver cette interdiction. Une situation à suivre de près à l’approche d’une rentrée qui s’annonce sous tension, face à des communautés déjà récalcitrantes à l’application de ces nouvelles règles