Esra Albayrak, l’une des filles du président turc Recep Tayyip Erdoğan, a participé au World Decolonization Forum, organisé à Istanbul en mai 2026.
Dr Esra Albayrak est sociologue, présidente du conseil d’administration de la NUN Foundation for Education and Culture et fille de Recep Tayyip Erdoğan. Elle intervient régulièrement dans des forums consacrés à la « décolonisation » et à la critique de l’ordre international occidental.
Le premier World Decolonization Forum s’est tenu en mai 2026 à Istanbul, organisé par le think tank Institute Social et la NUN Foundation for Education and Culture. L’événement se présente comme un exercice intellectuel visant à « décoloniser la production et la circulation du savoir ».
L’édition 2026 est présentée comme la première étape d’un processus en trois volets :
- 2026 : « Décoloniser la production et la circulation du savoir »
- 2028 : « Décoloniser les institutions et organisations »
- 2030 : « Décolonisation en pratique : propositions pour la société »
Lors de son discours d’ouverture, Esra Albayrak a notamment affirmé que les centres occidentaux du savoir, citant Paris, Londres, Amsterdam et New York, avaient « atteint leurs limites ». Selon elle, le monde aurait désormais besoin de nouveaux centres de sagesse situés notamment à Istanbul, Jakarta, Addis-Abeba, Rabat, Le Caire et Gaza.
Elle a également expliqué que le projet visait à ce que l’Occident accepte sa propre « décolonisation », c’est-à-dire qu’il se libère d’un « complexe de maître ». Elle a déclaré que le monde était « trop fortement influencé par les idées, l’histoire, l’éducation, les médias et la technologie occidentaux ».
Selon elle, les systèmes mondiaux fondés sur la domination technologique et culturelle transformeraient également l’attention, l’imagination et la mémoire des jeunes en « matières premières » d’un « régime techno-colonial ».
Esra Albayrak a enfin affirmé que la situation à Gaza, particulièrement depuis le 7 octobre, avait provoqué une profonde remise en question de la légitimité morale et politique de l’ordre international actuel dans les consciences populaires à travers le monde.
Des déclarations qui s’inscrivent dans un contexte où son père, Recep Tayyip Erdoğan, a lui-même multiplié par le passé les critiques à l’encontre de l’Occident. Le président turc a également régulièrement utilisé la question migratoire et le rôle stratégique de la Turquie aux portes de l’Europe comme leviers dans ses rapports de force avec les pays européens.