Le Syndicat de la magistrature a publié, le vendredi 2 octobre 2026, un communiqué dénonçant la réponse des autorités aux blocages et aux mobilisations lycéennes. Il appelle à « cesser de réprimer la jeunesse pour la faire taire » et à mettre fin à la « brutalisation du mouvement social des lycéen·nes ».
Le Syndicat de la magistrature estime que le gouvernement a choisi une réponse « brutale » face à la colère des lycéens, notamment liée, selon lui, à la dégradation du service public de l’éducation et à des moyens jugés insuffisants.
Il critique notamment le gazage d’élèves, des interpellations qualifiées de « brutales », l’utilisation de lanceurs de balles de défense (LBD) et de grenades explosives, ainsi qu’une stratégie de maintien de l’ordre qu’il juge inadaptée à un mouvement composé majoritairement de mineurs.
Le syndicat affirme également que ces usages de la force toucheraient particulièrement les jeunes racisés issus des quartiers populaires. Une preuve supplémentaire du positionnement habituel du syndicat, qui s’illustre régulièrement par des déclarations et des prises de position particulièrement marquées à gauche, reprenant ici la rhétorique d’élus d’extrême gauche, notamment de La France insoumise.
Dans son communiqué, le Syndicat de la magistrature reprend un bilan faisant état de 119 élèves et personnels blessés depuis le début de la mobilisation. Il rappelle également que l’IGPN, la « police des polices », aurait été saisie à plusieurs reprises. Il ferme cependant facilement les yeux sur les plus de 600 policiers et gendarmes blessés, ainsi que sur les 65 personnels de l’Éducation nationale blessés, dont 40 proviseurs, lors des émeutes impliquant des étudiants.
Le Syndicat de la magistrature s’en prend également aux instructions données aux parquets. Il reproche au ministère de la Justice de privilégier une logique de « tout-répressif », notamment dans les dossiers concernant la participation à un groupement en vue de préparer des violences ou des dégradations, la responsabilité civile des parents pour les dégâts causés par leurs enfants, ou encore la participation à une manifestation avec une arme.
Le syndicat estime que des réponses éducatives devraient être privilégiées lorsqu’il s’agit de mineurs, conformément, selon lui, à la Constitution, aux engagements internationaux de la France et à la loi. Il dénonce ainsi une volonté de « silenciation de la jeunesse » par la violence.
Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a répondu le 4 octobre, rejetant les accusations du Syndicat de la magistrature. Il affirme que les forces de l’ordre ne « répriment pas la jeunesse », mais qu’elles « protègent » et encadrent les élèves et étudiants qui manifestent pacifiquement.