Le tribunal administratif de Hesse, en Allemagne, a confirmé lors d’un récent procès qu’une femme musulmane refusant d’enlever son hijab ne pouvait pas exercer en tant que juge ou procureure pendant les audiences.
Une femme, candidate aux fonctions de juge, avait explicitement indiqué, lors de son entretien, qu’elle ne retirerait pas son foulard religieux dans l’exercice de ses fonctions, ce qui a conduit le Land de Hesse à rejeter sa candidature. Le tribunal de Darmstadt a en effet jugé que la neutralité de l’État et la liberté religieuse des participants au procès priment sur la liberté religieuse de la candidate si elle refuse d’ôter son voile pendant les audiences.
Le tribunal a précisé qu’un vêtement religieux visible porté par un juge ou un procureur peut nuire à la perception d’impartialité du système judiciaire.
Cette affaire s’inscrit dans une longue série de contentieux en Allemagne sur le port du hijab dans les fonctions publiques, avec plusieurs affaires impliquant des enseignants, juges, magistrats, etc. En 2015, la Cour constitutionnelle fédérale avait déjà jugé qu’une interdiction générale du hijab pour les enseignantes n’était pas compatible avec la liberté religieuse, tout en laissant la possibilité de restrictions en cas de risque concret pour la neutralité ou la paix scolaire.
Le chemin vers la neutralité des institutions publiques allemandes est encore loin d’être achevé, mais cette décision va dans le bon sens pour protéger la neutralité de la justice et éloigner l’intégrisme religieux.
À noter qu’en France, la question ne s’est posée que pour des avocates souhaitant porter le voile durant les audiences. Cette possibilité a été interdite par le Conseil national des barreaux.