Un document sur la stratégie de cohésion sociale au Royaume-Uni ayant fuité présente les drapeaux nationaux comme un outil de haine

Un brouillon d’un document sur la stratégie de « cohésion sociale », intitulé Protecting What Matters, d’environ 47 pages, fixant les priorités du gouvernement britannique en matière de cohésion, d’extrémisme et de crimes de haine, a récemment fuité dans la presse. Il prétend notamment que l’utilisation des drapeaux par les mouvements nationalistes aurait transformé ces symboles en outils de haine.

D’après les extraits divulgués dans la presse, le document s’articule autour du constat de tensions croissantes liées à l’immigration et à l’islamophobie. Une large partie est consacrée aux récentes tensions entre populations locales et migrants illégaux, notamment dans des situations liées à des faits criminels et à l’hébergement de ces migrants dans des hôtels.

Le brouillon explique que « l’extrême droite a essayé de transformer des symboles de fierté en outils de haine ». Il cite explicitement les drapeaux anglais, écossais et l’Union Jack comme des symboles utilisés pour « exclure ou intimider » lors de certaines campagnes, par exemple l’opération Raise the Colours, qui avait conduit des habitants à installer des drapeaux anglais dans les rues du pays.

Le plan d’action comprend une enveloppe d’environ 800 millions de livres sur dix ans pour 40 zones où la cohésion est jugée « sous pression ». Plusieurs ministères seraient impliqués, notamment ceux du logement, des communautés, de la sécurité et de l’éducation.

Une autre partie importante du rapport traite des formes de haine, en particulier de l’hostilité envers les musulmans. Le document évoque la création d’un « special representative » chargé de coordonner la lutte contre l’hostilité envers les musulmans et les personnes perçues comme musulmanes. Il annonce également l’adoption d’une nouvelle définition de l’« anti-Muslim hatred » / islamophobie, qui rendrait toujours plus floue et plus risquée la critique de l’islam ou des mouvements politiques qui y sont liés.

Le brouillon prévoit plusieurs dispositifs, notamment le ciblage de 40 zones « sous pression », bénéficiant de financements pour des projets locaux de cohésion tels que des initiatives intercommunautaires. Il prévoit également un renforcement de la réponse à l’extrémisme, avec un suivi accru de l’extrême droite et de l’extrémisme islamiste, ainsi que des recommandations adressées aux autorités locales sur la gestion des manifestations, des symboles et des slogans.

Le gouvernement a refusé de commenter ces révélations, expliquant qu’il « ne commente pas les fuites ».

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