L’enquête est menée par l’U.S. Equal Employment Opportunity Commission (EEOC), l’agence fédérale américaine chargée de faire respecter les lois relatives à la non-discrimination dans le monde du travail.
Elle porte sur des allégations de discrimination « anti-blancs » liées aux politiques de diversité, d’équité et d’inclusion (DEI) mises en œuvre par Nike. L’entreprise est classée à haut risque de diffusion du wokisme dans ses politiques internes selon l’analyse que nous avons réalisée. Cette évaluation, fondée notamment sur ses pratiques de recrutement discriminantes et sur ses politiques militantes pro-LGBT, est détaillée dans notre Index du wokisme en entreprise, disponible sur notre site internet.
Dans une requête déposée devant un tribunal fédéral du Missouri, l’EEOC affirme enquêter sur des pratiques de traitement défavorable visant des salariés blancs, des candidats à l’embauche et des participants à des programmes de formation chez Nike. L’enquête porte en particulier sur les plans de réduction d’effectifs de 2024, mais aussi sur l’accès à des stages, ainsi qu’à des programmes de mentorat, de leadership et de développement de carrière.
En mai 2024, la commissaire de l’EEOC, devenue depuis présidente, Andrea Lucas, a ouvert une enquête de sa propre initiative. Cette démarche repose sur des sources publiques, notamment les rapports Impact et autres rapports extra-financiers publiés annuellement par Nike, les communications officielles de l’entreprise et les documents adressés aux actionnaires. L’EEOC s’appuie en particulier sur l’objectif annoncé par Nike en 2021 d’atteindre, d’ici 2025, 35 % de salariés issus de minorités raciales ou ethniques dans ses effectifs aux États-Unis, ainsi que 30 % de minorités dans les postes de direction.
Parallèlement, le groupe conservateur America First Legal, fondé par Stephen Miller, ancien conseiller de Donald Trump, avait déposé en 2024 une plainte pour atteinte aux droits civiques. Cette plainte accusait Nike de discrimination raciale et sexiste à l’encontre des hommes blancs et appelait explicitement l’EEOC à intervenir.
À partir de 2024, l’EEOC a adressé plusieurs demandes formelles d’informations à Nike, avant d’émettre une subpoena (assignation administrative) en septembre 2025. L’agence demande désormais à un tribunal fédéral d’ordonner à l’entreprise de s’y conformer pleinement. Les documents réclamés portent notamment sur les critères utilisés pour sélectionner les salariés lors des licenciements, en particulier en 2024, la manière dont Nike collecte, suit et utilise les données relatives à la race et à l’origine ethnique de ses salariés, y compris dans la fixation de la rémunération des dirigeants, ainsi que la documentation relative aux objectifs de représentation raciale. L’EEOC réclame également des informations détaillées sur seize programmes de mentorat, de leadership et de développement de carrière réservés à certains groupes ethniques.
Dans ses requêtes judiciaires, l’EEOC affirme que Nike « n’a pas entièrement fourni » les informations demandées, ce qui justifierait, selon l’agence, la saisine de la justice afin de faire exécuter l’assignation administrative.
De son côté, Nike reconnaît publiquement l’existence de l’enquête, mais affirme avoir coopéré de bonne foi, transmis des milliers de pages de documents et fourni des réponses écrites détaillées. L’entreprise indique être en train de compléter ses réponses et qualifie l’initiative de l’EEOC d’« escalade surprenante et inhabituelle ». Nike nie toute discrimination illégale et soutient que ses programmes DEI sont conformes au droit en vigueur.
Bien que le cadre juridique américain soit permissif en matière de politiques de diversité, notamment en ce qui concerne les pratiques de recrutement ou les programmes réservés à certains groupes ethniques, le Title VII du Civil Rights Act interdit toute discrimination fondée sur la race, quelle qu’elle soit, y compris lorsqu’elle vise des personnes blanches, souvent désavantagées dans les politiques de diversité mises en place par les multinationales américaines.
Crédit image : By Ajay Suresh from New York, NY, USA – Nike Flagship – NYC, CC BY 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=80043580