L’Espagne condamne l’offensive en Iran et refuse l’utilisation de ses bases militaires par les États-Unis

Le 1er mars, l’Espagne a officiellement refusé que les États-Unis utilisent les bases de Rota et de Morón dans le cadre de l’offensive contre l’Iran, prenant ainsi ses distances politiques avec une opération qu’elle juge illégale au regard du droit international.

Washington avait sollicité l’autorisation d’utiliser les bases aériennes conjointes de Rota et de Morón, situées en Andalousie, pour mener des frappes contre l’Iran. Madrid s’y est opposée. Le ministre des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a déclaré que ces bases « ne sont pas utilisées et ne seront pas utilisées pour quoi que ce soit qui dépasse le cadre du traité ou qui soit contraire à la Charte des Nations unies ».

La ministre de la Défense, Margarita Robles, a précisé qu’« aucune aide, absolument aucune » n’avait été apportée à l’opération, ajoutant que les installations ne pourraient être mobilisées que pour des besoins strictement humanitaires.

Depuis le début des frappes, les avions américains ont quitté Rota et Morón, plusieurs appareils ayant été redéployés vers la base de Ramstein, en Allemagne.

Madrid argumente que, bien que ces bases soient à « utilisation conjointe », la souveraineté demeure espagnole et que tout emploi des installations doit strictement respecter les accords bilatéraux ainsi que le droit international.

Le Premier ministre Pedro Sánchez qualifie les frappes américaines et israéliennes contre l’Iran d’« intervention militaire injustifiée et dangereuse », « unilatérale » et contraire au droit international, estimant qu’elles aggravent l’instabilité mondiale.

Plus largement, le gouvernement espagnol condamne également les attaques iraniennes contre des pays du Golfe et contre Chypre, membre de l’Union européenne, mais privilégie une réponse diplomatique : convocation de l’ambassadeur d’Iran et appel à une cessation immédiate des hostilités. Il refuse en revanche de s’inscrire dans la logique d’« actions défensives proportionnées » évoquée par la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne, qui ont, pour leur part, accepté en principe l’usage de leurs moyens dans le cadre de ripostes coordonnées.

On ne se rappelle pas avoir entendu Pedro Sánchez dénoncer la violation du droit international par la répression sanglante du gouvernement iranien contre les manifestations dirigées contre Khamenei.

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