Le 17 juillet 2025, le président tchèque Petr Pavel a signé un amendement historique au Code pénal criminalisant la propagande communiste, la plaçant juridiquement au même niveau que la propagande nazie. Cette loi entrera en vigueur le 1er janvier 2026 et constitue une décision majeure après plus de trente ans de débats depuis la Révolution de Velours de 1989.
L’amendement modifie la section 403 du Code pénal tchèque en étendant son champ d’application. Le texte stipule désormais : « Quiconque crée, soutient ou propage un mouvement national-socialiste, communiste ou autre dont l’objectif avéré est la suppression des droits et libertés de l’homme ou qui propage l’hostilité raciale, ethnique, nationale, religieuse ou de classe sera puni d’une peine d’emprisonnement d’un à cinq ans. »
La loi prévoit des peines allant jusqu’à cinq ans d’emprisonnement pour la propagation, le soutien ou la création de mouvements communistes, et jusqu’à dix ans en cas d’activité organisée ou de circonstances aggravantes.
L’affichage public de certains symboles devient pénalisé lorsqu’il vise à promouvoir ou soutenir l’idéologie communiste : marteau et faucille, étoile rouge, portraits de figures communistes (Lénine, Gottwald, Fidel Castro), drapeaux, affiches, bannières ou vêtements portant ces symboles à titre d’expression idéologique.
Sont notamment interdites : le chant de « L’Internationale » dans un contexte de promotion idéologique, les manifestations publiques de nature communiste, les publications en ligne promouvant des mouvements communistes, l’usage de noms d’organisations adhérant explicitement à cette idéologie, ainsi que tout affichage visant à exprimer un soutien au mouvement communiste.
Il est toutefois important de noter que les symboles ne sont criminalisés que s’ils sont utilisés activement pour promouvoir l’idéologie. Leur usage historique, artistique ou académique n’est pas automatiquement visé.
Avant cette modification, la propagande nazie était rigoureusement pénalisée par le droit tchèque, tandis que la propagande communiste, bien que reconnue comme problématique, ne bénéficiait pas du même traitement juridique. Cette asymétrie a constitué le cœur du débat politique tchèque depuis plus de trois décennies.
Cette décision s’inscrit dans le prolongement de la reconnaissance officielle des crimes du régime communiste tchécoslovaque (1948-1989). Le gouvernement et les institutions historiques tchèques considèrent cette loi comme un acte de justice envers les victimes de la répression.
En décembre 2025, la Cour constitutionnelle tchèque a rejeté un recours du Parti communiste visant à annuler partiellement l’amendement. Une zone d’ambiguïté subsiste toutefois concernant son application au Parti communiste de Bohême-Moravie, principal parti communiste du pays, disposant d’un eurodéputé. À titre de précédent, le Parti des travailleurs tchèques, jugé d’idéologie national-socialiste, a été interdit et dissous en 2010. Un scénario similaire pourrait théoriquement s’appliquer au KSČM.
Même si cette décision reste unique en Europe, on peut espérer qu’elle serve d’exemple à d’autres gouvernements pour l’interdiction d’une idéologie qui, à travers le monde, a historiquement causé et continue de causer la mort de milliers de personnes par la répression.