En février 2026, Anne Souyris, sénatrice écologiste, a déposé une proposition de loi visant à la dépénalisation du chemsex dans le cadre de l’appel aux secours. Les usagers ne seraient ainsi plus menacés de poursuites pénales en cas d’appel des services d’urgence.
Pour rappel, Le chemsex, tel que défini dans cette proposition, désigne une pratique consistant en la consommation de drogues (GHB, méthylamphétamine, etc.) afin de prolonger et d’intensifier des rapports sexuels, principalement au sein de la communauté gay masculine.
Cette proposition de loi s’inscrit dans l’engagement de longue date d’Anne Souyris, sénatrice écologiste de Paris et ancienne adjointe à la santé à la mairie de Paris, sur les problématiques liées au chemsex. Elle est déjà à l’origine de plusieurs actions en ce sens, notamment la mise en place du Plan parisien chemsex, première initiative de ce type portée par une collectivité, lancée en mars 2021. Ce plan comprenait notamment la distribution de kits de réduction des risques (seringues stériles, filtres, pipettes pour GHB, balances de précision pour le dosage, naloxone comme antidote aux opioïdes, préservatifs, PrEP), l’installation d’automates de distribution dans des lieux stratégiques (gares, saunas, centres d’accueil), ainsi que l’organisation d’ateliers de formation à la consommation de drogues avec un accent mis sur la sécurisation des pratiques et le dosage précis.
En 2022, elle a également apporté son soutien au rapport Benyamina, qui recommandait la mise en place d’une stratégie nationale incluant, par exemple, la distribution de kits de consommation comprenant seringues, filtres, matériel d’injection ou de sniff, outils de dosage pour le GHB/GBL, etc. Cette orientation a donné lieu à une proposition de résolution adoptée à l’unanimité à l’Assemblée nationale en faveur d’une stratégie nationale, avant le dépôt de la proposition de loi au Sénat en février.
La proposition portée par Anne Souyris consiste à instaurer une immunité judiciaire pour toute personne appelant les secours en cas de danger grave lié au chemsex (overdose, malaise, etc.). Celle-ci ne pourrait plus être poursuivie pour usage ou détention de stupéfiants constatés lors de l’intervention. Son argument principal est le suivant : « On ne parviendra pas à améliorer la vie des consommateurs de drogue avec une politique répressive. » La justification avancée est que la peur de poursuites pénales dissuade les usagers d’appeler les secours, ce qui contribuerait à une hausse de la mortalité.
Anne Souyris souhaite ainsi faire évoluer le cadre actuel d’une logique répressive, fondée notamment sur l’article 222-37 du Code pénal (usage de stupéfiants sanctionné par une contravention de 450 euros), vers une logique préventive, inspirée du modèle portugais de décriminalisation de l’usage personnel, lequel n’a pas entraîné de baisse significative de la consommation ni des pratiques.
Cette initiative s’inscrit dans une volonté plus large d’ouvrir le débat sur la dépénalisation des drogues, la sénatrice ayant également déposé en janvier 2025 une proposition de loi distincte sur la dépénalisation de l’usage de drogue.
Si l’on n’est pas surpris de voir l’idée chère aux bobos écolos de dépénaliser l’usage de drogues, on s’avoue stupéfaits qu’ils osent l’étendre au chemsex, cette pratique qui cumule les périls liés aux substances psychotropes et ceux des conduites sexuelles à risque, souvent violentes et fortement exposantes à la contamination par le VIH et l’hépatite C.
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