Les députés britanniques ont récemment rejeté un amendement demandant l’ouverture d’une nouvelle enquête nationale sur les « grooming gangs » (réseaux de viols et d’exploitation sexuelle de mineures) impliquant des gangs d’immigrés pakistanais.
L’amendement, déposé par des députés conservateurs, demandait une enquête nationale statutaire sur l’exploitation sexuelle historique d’enfants par des « grooming gangs » (souvent décrits médiatiquement comme « rape gangs »). Le gouvernement travailliste de Keir Starmer et la majorité des députés ont voté contre : le texte a été rejeté par 364 voix contre 111.
Keir Starmer a expliqué que, selon lui, les victimes avaient besoin « d’action, pas d’une nouvelle enquête », et il a mis en garde contre le fait qu’adopter cet amendement ferait tomber l’ensemble du projet de loi sur le bien-être des enfants et les écoles.
Le gouvernement soutenait qu’il était préférable de se concentrer sur la mise en œuvre des recommandations existantes et sur des audits ciblés plutôt que d’ouvrir un nouveau processus d’enquête, alors même que ces affaires ont révélé une volonté passée des autorités et administrations anglaises de cacher certains faits afin d’éviter des tensions communautaires.
Depuis plus de dix ans, le Royaume-Uni est secoué par de multiples scandales d’abus sexuels et de gangs de violeurs d’origine pakistanaise sévissant à Rotherham, Telford et dans d’autres villes, impliquant, selon les estimations des rapports récents, des dizaines de milliers de victimes mineures en Angleterre et au pays de Galles entre les années 1980-1990 et les années 2010.
Une vaste enquête indépendante, a été lancée en 2015 pour examiner les réponses des institutions (gouvernement, Parlement, partis, police et services sociaux) aux abus sexuels sur enfants. Le rapport final, publié le 20 octobre 2022 (19 rapports au total), conclut à des échecs massifs : minimisation des abus, protection des réputations, incrédulité envers les victimes, absence de politiques de protection et sous-déclaration persistante.
Une fois de plus, le gouvernement anglais montre sa faiblesse et plie face à la peur de sanctionner des actes atroces perpétrés sur son sol, par crainte de répercussions au sein des communautés immigrées.
Crédit image : By Simon Dawson / No 10 Downing Street – https://www.flickr.com/photos/number10gov/53837206291/, OGL 3, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=150065857