En juin 2025, le ministère de l’Éducation des Émirats arabes unis a publié une liste révisée des universités étrangères éligibles aux bourses d’État pour l’année académique 2026. Pour la première fois, aucune université britannique n’y figure.
La liste approuvée continue pourtant d’inclure des établissements situés aux États-Unis, en Australie, en France et même en Israël, mais exclut totalement le Royaume-Uni. Cette exclusion n’est pas accidentelle. Interrogées par des responsables britanniques sur cette absence, les autorités émiriennes ont explicitement confirmé qu’il ne s’agissait pas d’une « erreur » (not an oversight).
Le cœur du différend porte sur le refus persistant du Royaume-Uni de désigner les Frères musulmans comme organisation terroriste.
Selon des sources disposant d’une connaissance directe des échanges diplomatiques entre les deux gouvernements, des responsables émiratis ont justifié leur décision par la crainte que leurs étudiants soient radicalisés sur les campus.
Un article du Jerusalem Post indique qu’un expert émirati, Taha, a publié une liste d’universités britanniques où des réseaux liés aux Frères musulmans seraient impliqués dans des activités de recrutement et de radicalisation, citant notamment les universités de Birmingham, Manchester, SOAS University of London, University of Bradford, ainsi que University College Dublin (UCD).
Les données officielles britanniques montrent que durant l’année académique 2023-2024, 70 étudiants inscrits dans des universités britanniques ont été signalés pour une possible orientation vers le programme de déradicalisation Prevent, pour des signes de « radicalisation islamiste », soit presque le double de l’année précédente.
Cette perception du risque, clairement intégrée par les autorités émiriennes, avait déjà entraîné une baisse significative du nombre d’étudiants envoyés au Royaume-Uni. Les données du Home Office font état d’une chute de 55 % en trois ans, le nombre d’étudiants émiratis passant d’environ 474 en septembre 2022 à 213 en septembre 2025.
Les bourses gouvernementales émiriennes couvrent les frais de scolarité intégralement, une allocation mensuelle pour les frais de subsistance, les frais de voyage ainsi que l’assurance santé. Au-delà de la suppression de ces financements, les Émirats arabes unis ont également indiqué qu’ils ne reconnaîtront plus les diplômes délivrés par les institutions ne figurant pas sur leur liste accréditée.
Cette décision réduit considérablement la valeur des diplômes britanniques pour les ressortissants émiratis de retour dans leur pays, même lorsque les études ont été financées de manière privée. Les diplômes d’universités non listées ne seront notamment pas reconnus pour l’accès à la fonction publique émirienne, limitant fortement les débouchés professionnels.
La décision des Émirats arabes unis sonne comme un retentissant désaveu des institutions du Royaume-Uni, désormais clairement perçues comme incapables d’empêcher l’infiltration de leurs universités par les Frères musulmans.